Originaire du Cameroun, Ruphine Djuissi illustre le défi de la reconnaissance des compétences étrangères. Après avoir navigué le complexe processus d’équivalence du Comité national sur les équivalences des diplômes de droit (CNE), elle marque l’histoire en 2022 en devenant la première juriste francophone issue d’un cursus international admise au Barreau du Manitoba.
Fondatrice du cabinet Djuissi Law Office et avocate au sein de l’AJEFM, elle dénonce une faille systémique : malgré l’immigration active de professionnels francophones, elle demeure, à ce jour, la seule dans sa catégorie. Pour Me Djuissi, faciliter l’accès à la profession pour les juristes francophones formés à l’étranger n’est pas qu’une question d’équité professionnelle, c’est une nécessité pour la représentativité et l’accès à la justice en français.
Présidente de la section nationale des juristes d’expression française de l’ABC, en collaborant avec le Centre canadien de français juridique, elle combat l’insécurité linguistique. Son parcours prouve que l’intégration fluide des talents internationaux francophone est un levier pour garantir que les francophones puissent être défendus dans leur langue officielle, par des pairs comprenant leur réalité.